Démarche, outils et astuces pour développer une veille numérique personnelle
Aperçu des sections
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Objectifs
- Comprendre les principales notions et l'utilité de la veille
- Mettre en place une stratégie de veille efficace adaptée à ses besoins
- Choisir les bons outils permettant d’atteindre ses objectifs, en fonction de ses besoins
Cette formation est composée de 2 parties.
- une autoformation (environ 1h30 de travail individuel)
- une formation en distanciel (4h30) le jeudi 24 avril 2025
L’autoformation présentée ici vous permettra dans un premier temps de découvrir ce qu’on entend par « veille numérique ». Une méthode de mise en place de stratégie de veille vous sera exposée, elle vous permettra de faire le point sur vos besoins particuliers.
La 2e partie, en distanciel, permettra de prendre en main différentes familles d'outils utiles et adaptés à vos besoins pour mettre en place sa stratégie de veille efficace (collecte, stockage, gestion et diffusion d'information). Des perspectives d’évolution des pratiques de veille seront aussi abordées, avec l’émergence de l’IA générative (notamment chatGPT). Des mises en pratiques permettront de tester les différents outils présentés.
Mis à jour : mars 2025
Prérequis : aucun
Durée (estimée) : 1h30
Contact : remi.joinville@univ-rennes2.fr
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Activité 1 préparatoire
Parmi les images proposées dans le document ci-dessous, choisir celle qui représente le mieux ce qu’est la veille pour vous et la décrire sur le pad (document dessous l'image) en quelques mots en vous présentant rapidement et en disant ce que vous attendez de ce stage.
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Vous pouvez compléter ce pad directement sur Callisto ou aller sur la page dédiée :
https://mensuel.framapad.org/p/7bor2zi4cp-adcz (s'ouvre dans un nouvel onglet)
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2.1 Définitions
Croisons quelques définitions pour bien cerner ce concept de veille :- La norme AFNOR XP X 50-53 définit la veille en ces termes (1998) :
"Activité continue en grande partie itérative visant à une surveillance active de l’environnement technologique, commercial, etc., pour en anticiper les évolutions."
- Une autre définition nous est donnée par Jean-Pierre Lardy (Urfist de Lyon, 1996) :
« La veille documentaire et informationnelle est l’ensemble des stratégies mises en place pour rester informé, en y consacrant le moins d’effort possible en utilisant des processus de signalement automatisés. »
- Veille informationnelle (selon le glossaire du réseau des CRFCB, 2019)
"La veille est un processus de signalement automatisé qui permet, grâce à des systèmes informatisés comme les flux RSS, de se tenir au courant de toutes les nouveautés ou informations publiées sous format électronique, d’en faire une sélection et de rendre plus rapide la démarche de recherche. L’activité qui consiste à classer, diffuser et publier le contenu de la veille documentaire afin de le rendre plus attractif est appelée curation ou médiation numérique. »
On peut donc retenir ces caractéristiques principales pour une veille :
Surveillance active et automatisée
Méthode, stratégie mises en place
Activité continue (pas ponctuelle comme l'est la recherche d'information qui vise à répondre à un besoin d'information précis)
Gain de temps (le moins d’effort possible)
Sélection/filtre d'informations
Anticiper les évolutions
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2.2 Pourquoi veiller ?
- Identifier les sources pertinentes dans un domaine, surveiller son environnement, suivre l’actualité de son champ de recherche
- Être informé automatiquement des nouveautés (d’une revue, d’un blog, d’un auteur, d'une institution, etc.)
- Sélectionner le type d’informations que l’on souhaite recevoir : faire venir l’information plutôt qu’aller la chercher (privilégier la méthode “push” que nous verrons après).
- Déceler les évolutions du domaine, anticiper (repérer les « signaux faibles (s'ouvre dans un nouvel onglet) ») pour déceler des opportunités et les tendances à venir, sortir du “mainstream” informationnel.
- Entretenir un réseau professionnel, suivre ses pairs et son e-réputation
Et …
- Gagner du temps : automatisation de procédures pour faire venir l’information plutôt qu’aller la chercher
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2.3 Que faut-il surveiller ?
Beaucoup d’éléments peuvent être surveillés en fonction de votre contexte, par exemple :
- Les publications
scientifiques : articles, revues, ouvrages, communications, actes de
colloques, catalogues, bases de données, moteurs de recherche, moissonneurs,
éditeurs…
- La littérature grise : rapports de recherche, rapports techniques, thèses, mémoires, documents techniques, brevets, pré-publications…
- Les personnes et organismes de recherche : chercheurs, laboratoires, équipes de recherche, instituts, sociétés savantes, sites institutionnels, entreprises...
- Les projets : appels à projets, programmes européens, instances d’évaluation…
- Les manifestations et rencontres : colloques, journées d’étude, organisations d’événements scientifiques, appels à communication…
- La valorisation des résultats de la recherche : médias, blogs scientifiques, carnets de recherche, réseaux sociaux académiques, valorisations individuelles ou institutionnelles…
Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive, tous les aspects spécifiques à un sujet ou une spécialité peuvent être des éléments à surveiller.
Source : Claire Denecker, Urfist de Lyon « Mettre en place une veille documentaire et informationnelle »
- Les publications
scientifiques : articles, revues, ouvrages, communications, actes de
colloques, catalogues, bases de données, moteurs de recherche, moissonneurs,
éditeurs…
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2.4 Comment chercher l’information ?
Il existe deux méthodes pour rechercher de l'information sur Internet : la méthode pull et la méthode push.
Méthode pull
Actions ponctuelles
L’utilisateur se rend directement sur Internet pour « tirer » les informations.
L’usager va chercher l’information (recherche précise mais qui demande du temps) : historiques de recherche, signets, personnes ressources…
Méthode push
Actions continues
Les informations sont « poussées » vers les utilisateurs de manière directe et automatique.
L’information vient à l’usager (gain de temps mais risque de surabondance de l’information) : profils et alertes par e-mail, fils rss…
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2.5 Les différents types de veille
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2.6 Testez-vous !
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2.7 L'essentiel à retenir
La veille permet de se tenir au courant de ce qui se passe dans un domaine particulier et de “rester à jour” en actualisant ses connaissances.
La numérisation des connaissances et des pratiques a pour conséquence à la fois une accélération des évolutions et une densification des informations disponibles. L’évolution constante des métiers nécessite donc de se “mettre à jour” régulièrement.
Quelque soit le domaine d’activité, la veille vise à prendre des décisions pertinentes car « éclairées » et conscientes de son milieu et de son environnement de travail, de recherche, d’activité, d’études…
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3.1 Le cycle de la veille
Pour mettre en place une démarche de veille méthodique, il est nécessaire de s’appuyer sur différentes étapes qui constituent le « cycle de la veille ». Cela peut permettre de formaliser et de cadrer le travail de veille.
Voici deux exemples de cycle de veille, qui se décomposent en 4 ou 6 étapes.
- Schéma 1 (source : SCD Université de Rennes, Focus - Mettre en place une stratégie de veille : Le cycle de la veille en 6 étapes (s'ouvre dans un nouvel onglet), 2022)
Consigne : Cliquez sur chacune des 6 différentes étapes du cycle de la veille, une fenêtre vous proposera des précisions.
- Schéma 2 (Source : Loïc Haÿ, Méthode et outils pour la veille sur Internet (s'ouvre dans un nouvel onglet), 2011)
A noter que les 3 premières étapes du schéma 1 (analyser, définir et rechercher) sont des sous-composantes de la première étape « ciblage » du schéma 2.
Ce processus en plusieurs étapes peut être adapté en fonction de ses besoins et de ses finalités (on ne souhaite pas toujours diffuser sa veille par exemple).
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3.2 Sélectionner ses mots-clés
Au tout début de la mise en place de sa stratégie de veille, lorsqu'on définit son périmètre de recherche (étapes 1 et 2), il est important de réfléchir aux mots-clés qui seront utilisés lors de nos requêtes sur internet. Cela nous permettra de préciser le sujet pour éviter de générer du bruit (= trop d'informations) ou a contrario du silence dans les réponses que l'on reçoit.
Voici quelques conseils :
Ils permettent, en établissant une connexion logique entre des termes de recherche ou mots-clés, de trouver une information ou un document.
- ET : permet de faire des recherches très précises et exclue les pages ne contenant pas les termes spécifiés.
ex : "Avignon ET festival" cherchera seulement sur le festival d'Avignon mais pas sur la ville d'Avignon ni sur d'autres festivals
- OU : cet opérateur permet de rechercher un terme, ou un autre.
ex : "Avignon OU festival" permet de faire une recherche très large sur Avignon, sur des festivals et sur le festival d'Avignon
- SAUF : Recherche orientée, cela permet d'exclure un terme dans les résultats de la requête.
ex : "Avignon SAUF festival" donnera tout sur la ville d'Avignon sauf ce qui touche à son festival.
Tout ça est expliqué dans cette vidéo, réalisée par l'équipe du projet InfoTrack (s'ouvre dans un nouvel onglet) de l'Université de Genève :
2. Pour chercher sur Google Scholar
(Google Scholar (s'ouvre dans un nouvel onglet)est un moteur de recherche spécialisé permettant de chercher un grand nombre de ressources provenant notamment de sociétés savantes, d'universités et d'organismes de recherche).Il y a quelques éléments à prendre en compte lorsqu'on effectue ses recherches sur Google Scholar, pour connaitre quelques astuces.
Ex :
- Pour chercher une expression exacte avec les guillemets : utiliser les guillemets " "
"mild cognitive impairment" => Cherche tous ces termes en respectant l’orthographe et l’ordre d’apparition des mots.
- Pour trouver des documents d’un auteur précis : Author:
"Author:Alexandre Serres" =>Cherche les publications dont l’auteur est Alexandre Serres.
Voir le Guide Google Scholar : Recherche (s'ouvre dans un nouvel onglet), réalisé par la Bibliothèque de l'Université Laval
Visionnez cette vidéo pour en savoir plus sur la recherche avancée dans Google Scholar et la constitution de requêtes (=mots-clés).
Source : La recherche avancée dans Google Scholar, (s'ouvre dans un nouvel onglet) vidéo de 4:54 réalisée par la Bibliothèque de l'Université de Liège (Belgique), 2019.
3. Élaborer une stratégie de sélection de mots-clés
Pour interroger les bases de données ou obtenir davantage de résultats pertinents en peu de temps, il faut pouvoir élaborer une stratégie de sélection de mots-clés. On peut recourir à plusieurs méthodes :
- Celle du rebond : lorsqu’on trouve un article intéressant auquel l’auteur a assigné des mots-clés, réutiliser ces mots clés pour relancer la recherche
- Celle des citations : lorsque les références citées dans l’article nous intéressent, trouver ce nouvel article pour voir quels mots-clés sont utilisés.
- Celle des auteurs phares d’une discipline :
trouver un ou plusieurs spécialistes du sujet permet de s’approprier
leurs mots-clés pour lancer la recherche d’information.
- Celle des thésaurus : trouver une liste de
mots-clés contrôlés (un thésaurus) pour savoir les mots-clés autorisés.
La sélection de mots-clés est un processus itératif qui évolue en fonction des résultats de vos premières recherches. Une fois votre première sélection de mots-clés effectuée, vous pouvez lancer la recherche et observer les résultats.
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3.3 Une étape cruciale : la recherche des sources (le sourcing)
Une fois que les étapes d'analyse des besoins et de définition du périmètre ont été réalisées, il est temps de passer à l'étape de la recherche de ressources pour alimenter sa veille. Le sourcing est une étape essentielle dans laquelle la question de l’évaluation sera particulièrement cruciale dans le contexte actuel de surabondance informationnelle (infobésité).
Il sera donc nécessaire d’évaluer constamment l’autorité, la pertinence, la qualité, l’exhaustivité, la fiabilité et la fraîcheur de l’information mise à disposition par les sources que vous sélectionnerez.
Le réflexe commun est de faire des recherches générales sur Internet, autrement dit utiliser un moteur de recherche qu'il soit généraliste (Google, Yahoo !) ou académique (Google Scholar). Mais bien évidemment, vous pouvez vous appuyer sur des sources plus spécifiques. Tout dépend de votre contexte et de vos objectifs. Voici une liste non exhaustive de sources à analyser et évaluer lors de la collecte :
- individus (enseignants, chercheurs, auteurs, politiques...)
- institutions (ministères, laboratoires, universités...)
- entreprises
- Bases de données académiques : HAL (s'ouvre dans un nouvel onglet) (pluridisciplinaire), PubMed (s'ouvre dans un nouvel onglet) (biomédical), Science Direct (s'ouvre dans un nouvel onglet) (pluridisciplinaire), theses.fr (s'ouvre dans un nouvel onglet) (thèses en ligne, soutenues et en préparation), etc.
- Revues (revues scientifiques ou des
magazine de vulgarisation) : Cairn (s'ouvre dans un nouvel onglet) (SHS), Directory of Open Access Journals (s'ouvre dans un nouvel onglet) (pluridisciplinaire), etc.
- médias (presse locale, régionale, nationale, internationale)
- évènements (Fête de la Science,
Nuit de la Lecture, Congrès, Journées d'études) : exemple avec Calenda (s'ouvre dans un nouvel onglet), le calendrier en ligne pour suivre les événements scientifiques autour des SHS)
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3.4 Identifier des sources fiables d’information lors du sourcing
Comme Il a été dit précédemment, il est important, dans la mise en place de sa stratégie de veille, d'identifier des sources fiables afin de ne retenir que l’information la plus véridique possible (le but est d'éviter la désinformation).
On peut utiliser par exemple la méthode CRAAP (Currency – Relevance – Authority – Accuracy – Purpose) et sa traduction française : la méthode VERIF (Validité – Exactitude – Reliée au sujet – Intention – Fiabilité)
Cette méthode, élaborée par des bibliothécaires de l'Université California State University-Chico (s'ouvre dans un nouvel onglet), dresse une liste de questions pour aider à évaluer l'information trouvée :- Validité (pour vérifier l’actualité) : Est-ce que l’information a été révisée ou mise à jour ?
- Exactitude : D’où l’information provient-elle ? L’information est-elle soutenue par des preuves ? (ex : évaluation par les pairs)
- Reliée au sujet (la pertinence) : L’information est-elle liée à son sujet ou répond-elle à sa question ?
- Intention (le but) : Quel est le but de l’information ? De renseigner ? D’enseigner ? De vendre ? De divertir ? De convaincre les autres ? Est-ce un fait ou une opinion ?
- Fiabilité (l’autorité) : Qui est l’auteur/l’éditeur/la source/le commanditaire ? Quelles sont les compétences de l’auteur à ce sujet ?
Voici une illustration de l'utilisation de cette méthode CRAAP lors d'une recherche d'information sur le comportement canin :
source : https://blog.voxcanis.fr/comment-savoir-si-une-source-dinformation-sur-le-chien-est-fiable
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Remettre dans l'ordre les 6 étapes du cycle de la veille (faire glisser les différents éléments avec les flèches).
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Pour vous entrainer et valider vos acquisitions de cette autoformation, il vous est demandé de réaliser un exercice, qui vous permettra de commencer à réfléchir en vous donnant un cadre sur la construction de votre plan de veille.
Vous trouverez en dessous une activité à télécharger ("3 premières étapes de la veille") que vous pourrez ensuite compléter.Il ne s'agit pas forcément de tout remplir à ce stade, surtout si vous commencez à mettre en place une stratégie de veille maintenant.Vous pourrez ensuite m'envoyer le document complété à cette adresse
avant le mardi 22 avril 2025 à 18h00
remi.joinville@univ-rennes2.fr
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Consignes : Réfléchir aux 3 premières étapes du cycle de la veille et compléter le tableau proposé.1.Analyser ses propres besoins2.Définir son périmètre de veille3.Sélectionner les sources d’information (le sourcing)Pour réaliser cet exercice, vous pouvez répondre aux questions en prenant une thématique de veille qui vous intéresse (un sujet de recherche par exemple, un sujet que vous suivez particulièrement).
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Si vous avez suivi cette auto-formation jusqu'au bout et avez envoyé l'évaluation demandée, vous aurez les bases suffisantes pour suivre la formation synchrone prévue en distanciel le 24 avril..
Cette seconde session sera particulièrement consacrée à la question des outils utiles pour effectuer sa veille :
- Panorama et typologie d’outils pour la veille
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Les outils de collecte : newsletters, services d’alertes, outils RSS et agrégateurs, les réseaux sociaux
- Les outils de gestion de la veille
- Les outils de diffusion et de curation
Des TP permettront de prendre en main ces outils.Nous aborderons également quelques éléments sur l'impact dans les pratiques de veille des outils de l'intelligence artificielle générative.A faire avant la formation en synchrone :Merci de télécharger le logiciel Zotero (c'est un logiciel gratuit et open source).Voir le tutoriel ci-dessous pour le téléchargement.-
Télécharger le logiciel Zotero
Zotero est un logiciel de gestion de références bibliographiques.
Il peut être aussi très utile pour effectuer sa veille, grâce à une fonctionnalité de "réceptacle" de flux RSS.
Pour vous aider à télécharger Zotero, voici un tutoriel réalisé par l'Urfist de Méditerranée :
Callisto. 01 - Zotero 7 - Présentation et installation. [Vidéo]. Canal-U. https://www.canal-u.tv/144006 (s'ouvre dans un nouvel onglet) -
- L’installation s’effectue en 2 étapes. Il convient d’installer d’abord le logiciel, puis le connecteur.
- La page de téléchargement (s'ouvre dans un nouvel onglet) détecte votre environnement de travail. Si vous travaillez sur Windows, Mac ou Linux, il vous sera proposé le logiciel ad hoc. Zotero
fonctionne avec Firefox et Chrome (sur Safari
vous pouvez rencontrer des problèmes). Si vous utilisez un autre
navigateur, des solutions sont possibles mais cela est moins confortable
(cf. "baguette magique" sur sa bibliothèque sur le site de Zotero ou la page dédiée (s'ouvre dans un nouvel onglet)).
- Comme la plupart des logiciels, la version la plus récente sera installée. Votre système d’exploitation devrait le supporter et le connecteur réclame une version récente / à jour de votre navigateur.